Le problème des rendus IA « hors sol »
Les générateurs d'images savent produire un séjour magnifique en quelques secondes. Le problème, c'est que ce séjour n'est pas celui de votre client. Le canapé fait quatre mètres dans une pièce qui en mesure trois, la fenêtre a changé de mur, la porte a disparu. Le client tombe amoureux d'une image impossible, et c'est à vous de gérer la déception.
Pour un architecte d'intérieur, un rendu n'a de valeur que s'il respecte l'espace réel. C'est pourquoi, dans AI-IA, l'image arrive en dernier.
1. Lire le plan d'abord
Tout commence par le plan que vous importez (image ou PDF annoté). L'IA en fait un inventaire structuré :
- les pièces, avec le nom écrit sur le plan, recopié tel quel (« SDB » reste « SDB ») ;
- les cotes, transcrites exactement, avec leur unité ;
- les ouvertures : chaque porte et chaque fenêtre, sa pièce, son mur et sa position ;
- la hauteur sous plafond et les notes générales, comme l'échelle ou la surface habitable.
La consigne est stricte : transcrire ce que montre le plan, ne rien inventer. Puis l'IA contrôle la cohérence. Les cotes partielles doivent retomber sur la cote totale, la somme des surfaces doit correspondre à la surface écrite, et en cas de doute, la valeur écrite sur le plan gagne toujours.
2. Un prompt construit, pas improvisé
Avec ces données, AI-IA rédige le prompt de génération à votre place. Il combine trois sources :
- le plan : dimensions de la pièce, position des ouvertures ;
- le moodboard : les images de référence que vous avez rassemblées avec votre client ;
- la conversation : ce qui s'est dit sur l'ambiance, les contraintes, le budget.
Vous voyez ce prompt et vous pouvez le modifier avant de lancer. Vous choisissez aussi le modèle d'image selon ce qui compte pour ce projet (vitesse, fidélité ou coût), avec le prix en crédits affiché avant le clic.
3. Quatre variantes, un choix
Chaque génération produit 4 variantes photoréalistes. Vous comparez, vous ajustez le prompt si besoin, vous retenez celle qui tient la route. Le rendu retenu est ensuite soumis à votre client, qui le valide ou y épingle ses remarques à un endroit précis de l'image. Rien ne lui est envoyé sans votre accord.
4. Du rendu validé aux plans DXF
C'est là que le travail fait au début paie. Une fois le rendu approuvé, l'IA l'analyse pour en tirer des plans techniques, avec une règle non négociable : la géométrie du plan est gelée. Les pièces, les murs et les ouvertures restent exactement ceux relevés sur le plan d'origine. Le rendu ne sert qu'à ajouter ce qu'il montre :
- le mobilier, placé en coordonnées réelles dans chaque pièce ;
- les matériaux de sol ;
- les élévations utiles, par exemple le mur de cuisine avec sa crédence et ses meubles hauts.
Si un meuble du rendu ne tient pas dans les dimensions réelles, il est réduit. La pièce, elle, n'est jamais agrandie.
Vous récupérez des plans DXF, ouvrables dans AutoCAD et les logiciels de CAO courants, et leur version PDF, prêts à transmettre aux artisans.
Pourquoi cet ordre change tout
Partir du plan, c'est s'assurer que chaque étape hérite des mêmes mesures. Le rendu que le client valide, les plans que l'artisan reçoit, et ensuite le métré et le devis qui en découlent, parlent tous de la même pièce. Pas de cote qui glisse d'un document à l'autre, pas de ressaisie.
L'IA ne remplace pas votre œil : un plan flou ou incomplet donnera des résultats approximatifs, et un rendu reste une proposition à discuter. Mais sur un plan propre, elle vous fait passer du relevé au rendu validé, puis aux plans techniques, sans perdre la réalité de l'espace en route.


